Voyage

Un message provenant du coeur

Barcelone est une ville fantastique aux nombreuses facettes et qui attire chaque année un nombre renversant de visiteurs désirant découvrir toute sa beauté. Mais il y a à peine quelques jours de cela, une catastrophe monstrueuse s’y est produite. Je tiens à mentionner que je suis profondément choquée et bouleversée par le drame survenue dans cette magnifique ville qui est désormais en deuil. C’est désastreux de voir que certains individus sont prêts à dédier leur vie à en détruire d’autres. Et quand je parle de vies ruinés, le compte va bien au-delà des défunts et des infirmes. Je fais référence à tous ces gens respirant le pur bonheur dans cette splendide métropole et qui, d’une seconde à l’autre, devinrent complètement horrifiés, hantés par une atroce émotion qu’ils n’avaient jamais ressenti auparavant. Je fais référence à toutes ces familles attendant impatiemment des nouvelles du voyage en Espagne de leurs proches et qui connurent une terreur indescriptible en apprenant la tragédie dont ils avaient été victimes. Je fais référence à tous ces touristes qui découvraient paisiblement les innombrables secrets de Barcelone et qui, par la suite, furent envahis d’un profond sentiment de panique et d’épouvante, alors qu’ils étaient si près de subir les conséquences irréparables de cet attentat, sauvés par un simple hasard. Je fais référence à tous ceux qui furent témoins et qui devront pour les années à venir affronter cet émoi et les cauchemars issus des images à l’atrocité inconcevable dont ils furent spectateurs. Et ces gens, ce sont des mères, des pères, des soeurs, des frères, des enfants, des grands-parents, des occidentaux, des orientaux, des hispanophones, des francophones, des anglophones, n’importe qui, quoi! Tous innocents… Des morts gratuites.

Il n’y a aucun mot qui peut décrire ce qui est arrivé jeudi dernier à 16:30 alors qu’une fourgonnette blanche a surgi dans la masse de touristes se promenant sur la Rambla. Et, une fois les dommages causés, il n’y a absolument rien que l’on puisse faire pour néantiser ce martyre. Absolument rien. Un si grand sentiment d’impuissance nous habite tous, alors que l’on ne peut rafistoler tous ces coeurs brisés et éradiquer les échos accaparants d’un passé excessivement troublant. Sans évoquer toutes ces vies auparavant pleines d’avenir et d’ambition désormais enfouies dans le passé mais certes, pas dans l’oubli. Tant de larmes, tant de douleur, tant d’horreur. Dans quel but au juste? Comment peut-on vivre dans un monde où la cruauté et l’injustice sont omniprésentes et où certains individus prennent plaisir à faire souffrir les autres? Comment expliquer à un enfant candide qu’il est né sur une terre critiquable et imparfaite où plusieurs ont comme mission d’éliminer des vies pourtant pures et bienveillantes? Comment?

Je ne sais pas exactement quel était le but de la rédaction de mon article, quelle réaction ou réponse je recherchais. J’imagine que je tenais à mettre des mots sur les émotions indescriptibles qui m’animent présentement, m’exprimer à un vaste public inconnu, partager mes pensées… J’ai pourtant la vague impression que tout cela ne mène à rien, puisque l’on ne peut ignorer la grande inhumanité de l’attaque ni ramener les nombreuses victimes à la vie. Barcelone ne sera plus jamais la même. Certainement plus angoissée, plus méfiante mais surtout, domptée par l’effroi et la consternation. L’attentat est peut-être désormais terminé, mais l’affolement et la déchirure liés au nombre inimaginable de pertes restent. Barcelone, deuxième ville d’Espagne, grande métropole gastronomique, culturelle, artistique et architecturale, est aujourd’hui en deuil. Cet évènement irréparable sera pour toujours inscrit dans son histoire et marquera la mémoire de tous ses habitants et visiteurs.

Tout à l’heure, je m’apprêtais justement à composer un article sur la Boquería, épatant marché principal de Barcelone, et sur la succulente nourriture que l’on peut y déguster. J’écrivis quelques mots, puis, m’arrêtai soudainement. Comment pouvais-je parler des merveilles de Barcelone alors qu’une telle calamité avait atteint la population? J’éprouvai aussitôt un profond dégoût quant à mon manque de considération et d’empathie. Je ne pouvais écrire sur cette ville comme si rien n’y était survenu. Ignorer les centaines de victimes et la douleur dorénavant omniprésente dans leur quotidien. Ne démontrer aucun support, aucune compréhension. Je ne peux savoir ce que vivent tous ces gens actuellement, mais je suis persuadée que témoigner un certain appui peut, non pas altérer les atrocités qui ont eu lieu ni estomper la souffrance des victimes, mais rendre leur lendemain un peu plus soutenable en nous mobilisant pour signifier que nous sommes tous du même côté, malgré nos différents. Ces attaques ciblent la population mondiale en général et il faut à tout prix se sensibiliser, puisque nous ne sommes en sécurité à aucun endroit. Mais, après tout, la vie continue…

Dire qu’il y’a quelques semaines à peine, je me baladais sur la Rambla, innocemment, inconsciemment, à la recherche de boutiques touristiques vendant des produits à l’effigie de la ville et de cafés ayant pour spécialité de savoureux churros. J’absorbais la beauté des lieux m’entourant et tombait sous le charme de cette métropole ayant tant à offrir. J’enchaînais l’exploration des divers bijoux architecturaux conçus par le prodigieux Gaudí et poursuivais la découverte des multiples quartiers de Barcelone. Et si cette attaque avait eu lieu à un autre moment? C’est dans de tels circonstances que l’on commence à prendre conscience de l’hasard odieux de la chose. Ça aurait pu être moi… se dit-on alors. Et à vrai dire, cela pourrait être n’importe qui, n’importe où, qu’une question d’occurrences profondément injustifiables. Et cette fois-ci, c’est la superbe Barcelone, ville comportant tant de chefs-d’oeuvres, qui est aujourd’hui un lieu de désolation, de chagrin, d’affliction et de crainte. Je ne sais que dire. Parfois, de tels actes sans-pitié me font perdre foi en l’humanité. Existe-t-il encore des gens bien intentionnés dans ce monde de tyrannie? Si oui, alors faisons quelque chose…

Vous aimerez peut-être

Aucun commentaire

Laissez un commentaire

Français
English (Canada) Français
Enregistrer